Tu es présente partout. Sauf là où ça compte.

Samedi matin. Tes filles jouent dans le salon. Ton mec te parle. Et toi, tu es sur ton téléphone en train de relire un mail professionnel que tu as déjà lu trois fois. Tu n'es pas au bureau. Mais tu n'es pas là non plus.

Tu es dans l'entre-deux. Ce no man's land où tu n'es ni vraiment au travail, ni vraiment chez toi. Où tu donnes l'impression d'être là, mais où personne ne te sent vraiment.

Le mythe de la femme qui gère tout

On t'a vendu un modèle. Celui de la femme qui jongle. Qui gère sa carrière, ses enfants, son couple, ses dîners, ses mails, ses deadlines, et qui fait tout ça avec le sourire.

Et tu y arrives. En surface.

Tu coches les cases. Tu es là le matin pour le petit-déjeuner. Tu es là le soir pour le bain. Tu es là le dimanche pour le parc. Mais "être là", ça veut dire quoi exactement ?

Parce qu'être assise à côté de quelqu'un pendant que ton cerveau est encore en réunion, ce n'est pas de la présence. C'est de la figuration.

La présence fantôme

Je vois ça tout le temps en coaching. Des femmes brillantes, compétentes, investies. Qui donnent tout au travail. Qui donnent tout à la maison. Et qui, au final, ne se donnent nulle part.

Elles sont là sans être là. Présentes physiquement, absentes émotionnellement. Leur corps est dans la pièce, leur tête est dans le prochain trimestre.

Et le pire ? Elles le savent. Elles le sentent. Ce petit pincement quand leur fille dit "maman, tu m'écoutes ?" et qu'elles réalisent que non. Ce moment de flottement quand leur conjoint leur parle et qu'elles n'ont retenu aucun mot.

Ce n'est pas de la négligence. C'est de l'épuisement. C'est le signe que tu fonctionnes en mode survie depuis tellement longtemps que tu n'as plus d'énergie pour la vraie connexion.

Le coût invisible

On parle beaucoup du burn-out professionnel. Des objectifs non atteints. Des performances en baisse. Mais on parle rarement du vrai coût de cette course permanente : les moments que tu rates en étant là.

Pas les moments spectaculaires. Pas les anniversaires ou les spectacles de fin d'année. Ceux-là, tu les coches dans l'agenda.

Non. Les petits moments. Celui où ta fille te raconte un truc insignifiant sur sa journée, et où ce truc insignifiant, pour elle, c'est le monde. Celui où ton conjoint te regarde et où tu pourrais te reconnecter, mais où tu choisis de vérifier tes mails "juste une seconde". Celui où tu es seule le soir et où au lieu de te demander comment tu vas vraiment, tu scrolles.

Ces moments ne reviennent pas. Et la douleur de les avoir ratés ne vient pas tout de suite. Elle vient des mois plus tard, quand tu te réveilles un dimanche et que tu réalises que ta vie a continué sans que tu sois dedans.

Le problème n'est pas ton emploi du temps

Si tu en es là, la solution n'est pas de "mieux organiser ton temps". Ce n'est pas un problème de planning.

C'est un problème d'alignement.

Quand ce que tu fais au quotidien ne correspond pas à ce qui compte vraiment pour toi, ton cerveau se met en mode automatique. Il gère. Il optimise. Il coche. Mais il ne vit plus.

Et c'est logique. Tu ne peux pas être présente dans une vie qui ne te ressemble pas. Ton corps le sait. Il se met en veille. Il économise l'énergie émotionnelle pour tenir. Et cette énergie que tu économises, c'est exactement celle qui te permettrait de sentir, de savourer, d'être vraiment là.

Ce que la présence exige vraiment

Etre présente, vraiment présente, ça demande un truc que personne ne t'a appris en école de commerce : du vide.

De l'espace mental. Du silence. Des moments où tu ne produis rien, où tu ne gères rien, où tu ne planifies rien.

Et c'est terrorisant. Parce que dans le vide, tu entends tout ce que tu évites. Les doutes. Les envies. Les "et si".

Mais c'est aussi dans le vide que tu te retrouves. Que tu redeviens la femme avant le titre, avant le salaire, avant les responsabilités. Celle qui rit vraiment. Qui écoute vraiment. Qui est là, vraiment.

La vraie question du week-end

Ce week-end, je te propose un exercice. Pas un exercice de coaching formel. Juste une question.

A quel moment cette semaine as-tu été vraiment là ?

Pas "physiquement présente". Vraiment là. Avec toute ton attention. Toute ta curiosité. Toute ta tendresse.

Si tu trouves ce moment facilement, tant mieux. Si tu cherches et que rien ne vient, ce n'est pas grave. C'est juste une information. Une information précieuse.

Parce que la qualité de ta présence, c'est le thermomètre de ton alignement. Quand tu es alignée avec ta vie, tu n'as pas besoin de forcer la présence. Elle est naturelle. Quand tu n'es pas alignée, tu peux mettre toute la volonté du monde, ton esprit s'échappe.

Le premier pas

Tu n'as pas besoin de tout changer lundi. Tu n'as pas besoin de démissionner, de plaquer ton job, de révolutionner ta vie.

Tu as besoin de te poser une vraie question : est-ce que la vie que tu construis est celle dans laquelle tu veux être présente ?

Si la réponse est non, ce n'est pas un échec. C'est un début.

Et si tu veux explorer ça plus loin, commence par là : 7 questions pour découvrir ton alignement. C'est gratuit, c'est rapide, et c'est peut-être le premier moment de la semaine où tu seras vraiment là pour toi.

Modesty Deckers, fondatrice Odace Lab

Coaching de carrière et d'alignement pour les femmes qui réussissent, et qui veulent que ça ait du sens.

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Tu sais déjà ce que tu veux. Ce qui te manque, ce n'est pas un plan. C'est la permission.