Tu es accro à la performance. Et personne n'en parle.

Par Modesty Deckers, Coach en alignement professionnel, Odace Lab

Le moment où j'ai compris

Il y a quelques années, j'avais tout.

Le poste. Le salaire. La reconnaissance. Les objectifs dépassés chaque trimestre. Les "bravo" en réunion. Le sentiment grisant d'être celle sur qui on peut compter.

Et pourtant.

Le lundi matin, je me levais avec une seule pensée : qu'est-ce qu'il faut que je prouve aujourd'hui ?

Pas "qu'est-ce que j'ai envie de faire". Pas "qu'est-ce qui me fait vibrer". Non. Qu'est-ce qu'il faut que je prouve.

Parce que performer, c'était devenu mon identité. Mon oxygène. Ma raison d'exister dans un système qui ne reconnaît que ça.

Et je sais, parce que je les accompagne chaque semaine, que tu te reconnais dans ces mots.

"Je ne suis pas accro, je suis juste ambitieuse"

C'est ce que tu te dis, non ?

Tu as raison : l'ambition, c'est beau. L'envie de bien faire, c'est respectable. Se dépasser, c'est sain.

Sauf quand tu ne sais plus t'arrêter.

Sauf quand terminer un projet ne génère plus aucune satisfaction, juste le réflexe d'en lancer trois autres.

Sauf quand un week-end sans to-do list te met mal à l'aise.

Sauf quand ta valeur, dans ta propre tête, est directement indexée sur ta productivité du jour.

Il y a une différence entre ambition et addiction. L'ambition te pousse VERS quelque chose. L'addiction te fait FUIR quelque chose.

Et ce que tu fuis, c'est le silence.

Ce qui se passe quand tu t'arrêtes

Tu le sais. Tu l'as senti. Peut-être pendant un congé, une maladie, un dimanche trop vide.

Quand tu t'arrêtes, tu ressens un truc bizarre. Un malaise. Un vide. Une espèce d'anxiété flottante qui n'a aucune raison logique d'être là.

Tu es en vacances, tout va bien, et pourtant tu es agitée. Tu regardes tes mails. Tu planifies le retour. Tu prépares la rentrée alors que tu es censée être en pause.

Ce n'est pas de la motivation. C'est un manque.

Ton cerveau a appris un circuit très simple : action, validation, dopamine, recommencer. Sans l'action, plus de validation. Sans la validation, plus de dopamine. Et sans la dopamine, il ne reste que toi, seule avec toi-même.

Et c'est terrifiante, cette rencontre.

La performance comme armure

Ce que je vois en coaching, c'est que la performance n'est presque jamais un problème de travail. C'est un problème d'identité.

Tu t'es construite AUTOUR de ce que tu fais. Pas de qui tu es.

Enlève le poste, enlève les résultats, enlève la reconnaissance. Qu'est-ce qui reste ?

La réponse à cette question, c'est ce que tu fuis en permanence.

Parce que la performance, c'est une armure magnifique. Elle brille. Elle impressionne. Elle tient les autres à distance. Personne ne vient te poser des questions difficiles quand tu es occupée à exceller.

Être débordée, c'est la meilleure excuse du monde pour ne pas se regarder en face.

J'ai vu des femmes cadres, brillantes, stratégiques, capables de gérer des équipes de 50 personnes, incapables de répondre à une seule question : "Qu'est-ce qui te rend heureuse, en dehors du travail ?"

Pas "qu'est-ce que tu fais bien". Pas "de quoi tu es fière". Qu'est-ce qui te rend heureuse.

Le silence qui suit cette question, c'est le moment où l'armure craque.

Les signes que tu ne veux pas voir

Tu es peut-être en train de lire cet article en te disant "moi c'est différent, j'aime vraiment ce que je fais". OK. Vérifions.

Signe 1 : Tu ne sais pas te reposer sans culpabiliser.

Un samedi sans productivité te met mal. Tu ranges, tu organises, tu "optimises" ton temps libre. Le repos pur, ne rien faire, te semble être une perte.

Signe 2 : Ta première pensée le matin, c'est ta to-do list.

Pas "comment je me sens". Pas "qu'est-ce que j'ai envie de faire". Ta to-do. Ta charge. Ce qui attend.

Signe 3 : Tu te compares en permanence.

Pas ouvertement. En silence. Tu regardes ce que les autres produisent, publient, accomplissent. Et tu ajustes ta cadence en conséquence. Toujours un cran au-dessus.

Signe 4 : Un compliment te soulage plus qu'il ne te réjouit.

"Bon travail" ne te fait pas plaisir. Ça te rassure. C'est un soulagement, pas une joie. Et cette nuance-là, elle dit tout.

Signe 5 : Tu as peur de devenir "moyenne".

Pas peur d'échouer. Peur d'être normale. Peur de ne plus être remarquée. Peur de devenir invisible si tu baisses l'intensité.

Si tu as hoché la tête à au moins trois de ces signes, ce n'est pas de l'ambition. C'est un mécanisme de survie.

D'où ça vient (et pourquoi c'est pas de ta faute)

Je ne suis pas psy. Je suis coach. Mais ce que j'observe sur le terrain, c'est des schémas récurrents.

L'addiction à la performance naît souvent d'une croyance installée très tôt : tu vaux ce que tu produis.

Peut-être qu'enfant, on te félicitait pour tes notes mais pas pour qui tu étais. Peut-être que l'amour, dans ta famille, passait par les résultats. Peut-être que tu as appris très jeune que pour être vue, il fallait exceller.

Et ce programme tourne encore. En arrière-plan. Comme un logiciel que personne n'a jamais mis à jour.

Le monde du travail n'arrange rien. Il RÉCOMPENSE cette addiction. Promotions, bonus, titres. Tout le système est conçu pour te dire : "Continue. Plus fort. Plus vite. Tu es sur la bonne voie."

Sauf que la bonne voie, c'est la voie de QUI ?

Ce qui change quand tu le vois

La bonne nouvelle, c'est que nommer le truc, c'est déjà la moitié du chemin.

Pas le guérir. Le VOIR.

Parce que tant que tu appelles ça "ambition", "drive", "exigence", tu es dans le déni. Et dans le déni, rien ne bouge.

Le jour où tu te dis : "OK, je suis accro à la performance. Et ça me coûte plus que ça me rapporte", ce jour-là, quelque chose se fissure.

En coaching, c'est le moment le plus puissant. Pas quand la cliente pleure. Pas quand elle a un "aha moment". Quand elle dit la vérité. Quand elle arrête de se raconter des histoires.

"J'ai peur de qui je suis sans mes résultats."

Voilà. C'est ça, le fond.

Sortir du cycle (sans tout plaquer)

Je ne vais pas te dire de méditer et de prendre un bain. Ce serait insultant.

Ce que je vais te dire, c'est que la sortie n'est pas dans le "moins faire". C'est dans le "savoir pourquoi tu fais".

Étape 1 : Crée du vide volontaire.

Pas du repos forcé. Du vide. Un espace où tu n'as rien à faire, rien à prouver, rien à produire. Et observe ce qui monte. L'anxiété ? La culpabilité ? L'ennui ? Ce qui monte dans le vide, c'est ce que la performance cachait.

Étape 2 : Sépare ton identité de ta fonction.

Commence par une question simple : qui es-tu quand tu ne travailles pas ? Pas ce que tu fais. Qui tu ES. Si la réponse te semble floue, c'est normal. C'est exactement là que le travail commence.

Étape 3 : Cherche ce qui te nourrit vs ce qui te valide.

Il y a des activités qui te remplissent et d'autres qui te soulagent. La validation soulage. La joie remplit. Apprends à faire la différence. C'est un muscle.

Étape 4 : Écoute ton corps.

Ton corps, lui, ne ment pas. Quand tu es alignée, il se détend. Quand tu forces, il se crispe. Les douleurs chroniques, les tensions, l'insomnie : ce ne sont pas des bugs. Ce sont des messages.

Poser l'armure

L'addiction à la performance, c'est l'addiction la plus invisible qui existe. Parce que tout le monde t'applaudit pendant que tu t'y perds.

Être celle qu'on appelle. Celle qui gère. Celle sans qui rien ne tourne. Et découvrir que le monde tourne quand tu lâches le contrôle. Et que c'est OK.

Que ta valeur n'est pas dans ton utilité.

Que tu as le droit d'exister sans produire.

Que le repos n'est pas une récompense, c'est un droit.

Le plus difficile, c'est de se rencontrer soi-même sans l'armure.

Et c'est exactement ce qu'on traverse dans le Voyage Introspectif. Pas un bilan. Pas un plan d'action. Une rencontre avec toi, celle qui existe sous l'armure.

C'est pour toi si...

Tu te reconnais dans ces mots. Tu sens que quelque chose ne tourne plus rond, mais tu n'arrives pas à mettre le doigt dessus, parce que "tout va bien" sur le papier.

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75K€, mutuelle, RTT. Tu coches toutes les cases. Sauf celle qui compte.

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"Je ne sais même pas pourquoi je pleure.", Ce que la première séance révèle vraiment